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Hôtel Dieu de Pont-L’Abbé : ma réponse au Comité de Défense

Au-delà de ma présence le 8 juin dernier au rassemblement organisé par le Comité de Défense,  j’ai répondu à la lettre ouverte qu’il m’a adressée pour exprimer ses craintes sur la situation de l’Hôtel Dieu de Pont-L’Abbé.

La population, comme les élus du Pays Bigouden, partagent à l’évidence un sincère attachement, et de longue date, à cet hôpital de proximité. C’est un établissement qui accueille l’ensemble de la population depuis des décennies mais aussi un employeur local de tout premier plan. Il est avant tout une structure polyvalente de soins de proximité qui assure pleinement ses missions de service public malgré la spécificité de son statut, un statut qui, je le rappelle, à la différence d’un hôpital public, ne prévoit pas de conseil de surveillance permettant aux élus de participer à la gouvernance de l’établissement.

Pour autant, les élus locaux, qu’ils soient ou non membres du comité des élus bigoudens pour la santé, se montrent particulièrement vigilants quant aux évolutions qui concernent la prise en charge sanitaire de la population bigoudène, notamment au regard des recompositions hospitalières découlant de la loi « hôpital, patients, santé et territoires » (HPST dite loi Bachelot), et plus largement quant à l’accès de tous à une offre de soins de qualité sur le territoire de santé. Cette prise en charge relève notamment de l’hôpital mais aussi d’une organisation efficiente de la permanence des soins ambulatoires (PDSA) qui doit être garantie à toute la population et sur l’ensemble du Finistère. J’ai d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises cette nécessité à l’ARS.

Concernant l’Hôtel Dieu, c’est un établissement inscrit durablement dans le paysage de l’offre de soins en Cornouaille et dont la pérennité n’est pas menacée en dépit des inquiétudes régulièrement exprimées. Après la situation réellement périlleuse connue en 2010-2011, le plan d’adaptation, mis en œuvre avec le soutien financier exceptionnel des pouvoirs publics et l’implication sans faille de l’Hospitalité Saint-Thomas de Villeneuve (HSTV), a permis de consolider l’hôpital et de maintenir une offre de soins de proximité et diversifiée. En 2012, il a accueilli 600 patients supplémentaires toutes spécialités médicales confondues. Le projet d’établissement défini le 4 novembre 2011 est venu tracer de réelles perspectives d’avenir, dont le maintien entériné des urgences et du SMUR et la poursuite de l’activité chirurgicale avec, il est vrai, la mise en place d’un nouveau fonctionnement en début d’année prochaine. Dès lors, les consultations chirurgicales et les soins de suite seront maintenus à Pont-L’Abbé tandis que, dans le cadre de l’Union Hospitalière de Cornouaille, un groupement de coopération sanitaire (GCS) spécifique, permettra la prise en charge de la population au niveau chirurgical.

Au-delà, l’Hôtel Dieu prendra toute sa place dans l’offre hospitalière du territoire comme acteur de la stratégie nationale de santé mise en œuvre par le gouvernement. Cette stratégie, présentée au mois de février dernier par le Premier Ministre, place le patient et son parcours personnel de santé au cœur du système de soins, ce à quelque étape de ce parcours, à savoir de la première information délivrée au retour à domicile en passant par la phase d’hospitalisation. C’est véritablement une nouvelle organisation des soins hospitaliers dans les territoires de santé, et au bénéfice des patients, qui est aujourd’hui en gestation.

Par ailleurs, conformément au « pacte de confiance pour l’hôpital » présenté le 4 mars dernier par Madame la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, c’est la création d’un service public territorial de santé pour mieux répondre aux besoins de santé et orienter les investissements à l’échelle des territoires, qui est à l’œuvre. Ce service public à l’échelle des territoires, associera l’ensemble des acteurs autour d’objectifs de santé publique et de réduction des inégalités de santé. L’objectif est donc bien de faire coopérer l’ensemble des acteurs de santé, toujours au bénéfice des patients.

Pour le gouvernement et la majorité parlementaire, la mise en œuvre du « pacte de confiance pour l’hôpital » permettra de tourner enfin la page de la loi HPST et de rétablir la confiance en l’hôpital. La notion même de service public hospitalier sera réintroduite et le financement de l’hôpital sera modernisé en mettant un terme au « tout tarification à l’activité ». Avec la création des Schémas Régionaux d’Investissement en Santé (SRIS), ce sont 45 milliards d’euros qui seront investis dans les hôpitaux au cours des dix prochaines années.

En créant dès cette année les outils permettant de rénover le dialogue social et de renforcer la démocratie à l’hôpital (renforcement des compétences des Commissions Médicales d’Etablissement, amélioration de la place des usagers dans la vie des établissements,…), c’est la confiance et la gouvernance sanitaire qui sont en passe d’être restaurées.

Au niveau national, l’Etat agit pour garantir l’accès aux soins pour tous. Malgré le contexte budgétaire contraint, l’effort de la solidarité nationale en faveur de la santé est significatif (progression de l’ONDAM 2013 portée à 2,7 % soit 170 milliards d’euros). Et la prochaine loi de financement de la sécurité sociale, comme la future loi de santé publique prévue pour le début de l’année 2014, constitueront des rendez-vous essentiels pour concrétiser à nouveau la priorité enfin redonnée à la santé et à son financement solidaire.

Je serai attentive à ce que ces orientations trouvent leur pleine traduction dans notre territoire de santé au profit de la population bigoudène et cornouaillaise.