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Sauvegarde des filières laitières et bovines, la mission parlementaire formule ses recommandations

La mission d’information sur la filière bovine et la production laitière en France dont je suis membre avec mes collègues Germinal Peiro, Alain Marc, Brigitte Allain, Dominique Potier et Thierry Benoit a auditionné durant ces deux derniers mois de nombreux professionnels du secteur. A l’issue de ce travail, la Commission des affaires économiques a publié le 10 juillet 2013 un rapport  d’information sur l’élevage laitier et allaitant, rédigé par Germinal Peiro et Alain Marc.

Le rapport d’information pointe les inquiétudes et les difficultés croissantes rencontrées par les éleveurs ainsi que leurs difficiles conditions de travail et de vie. Pourtant, l’élevage concerne plus d’une exploitation sur deux en France et est présent dans 95 % des cantons de l’hexagone. En chiffres, plus de 130 000 éleveurs pratiquent l’élevage des bovins que ce soit pour le lait ou pour la production de viande. Un emploi d’éleveur créé sept emplois induits dans l’économie, contre deux pour les grandes cultures.

La hausse et la volatilité du cours des matières premières ont pour conséquence une augmentation des coûts de production liée à l’alimentation du bétail. En constatant une dissymétrie des rapports de force économique dans les filières agroalimentaires, en particulier sur les produits laitiers, le rapport rejoint les conclusions du projet de loi sur la consommation, dont je suis co-rapporteur, concernant la LME. Germinal Peiro et Alain Marc  ont d’ailleurs salué dans leur rapport le fait qu’une clause de renégociation en cas de fortes variations des prix des matières premières agricoles ait été introduite par le projet de loi sur la consommation.

Parmi les propositions des rapporteurs figurent : la mise en place rapide d’un étiquetage « viande bovine française » pour l’ensemble des produits nés, élevés, abattus, transformés en France, qui nécessite une modification de la réglementation européenne que défend activement le gouvernement ; la valorisation des circuits de proximité via le code des marchés publics ; l’adaptation du droit de la concurrence européenne aux spécificités du secteur laitier ainsi que la mise en place d’une agence européenne de régulation pour prévenir les crises.

Le constat est sans appel : en 2012, le nombre de têtes de bovins a baissé de 5 %, l’activité des abattoirs a régressé de 10 % toutes espèces confondues. Sans un soutien massif des pouvoirs publics et une réorientation des aides de la Politique Agricole Commune, l’élevage français est appelé à régresser. C’est pourquoi, le plan national de relocalisation des productions agricoles proposé est nécessaire. Je salue le travail constructif, pour le maintien de l’activité de l’élevage dans notre pays, effectué par mes deux collègues.