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BUGALED BREIZH : 10 ans après, la recherche de la vérité doit continuer

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Cela  fait déjà 10 ans que le Bugaled Breizh, un chalutier de Loctudy dans le Finistère, a sombré en moins d’une minute au large des côtes anglaises sur zone de pêche et que ses cinq hommes d’équipage ont perdu la vie.
Une conviction : ce ne peut être le fait d’un accident de pêche.
Cela fait 10 ans que les familles endeuillées et l’armateur du navire se battent pour connaître la vérité sur les circonstances de ce naufrage et pour établir les responsabilités devant la Justice.
Depuis 10 ans, ce sont les périodes d’espoir, puis d’abattement, qui rythment la vie des parties civiles, suspendue aux conclusions des experts et des décisions des juges, qui livrent des appréciations divergentes sur cette affaire sans que l’on puisse parvenir à la manifestation de la vérité.
Aujourd’hui, le risque d’un prochain non-lieu est bien là. Et cette perspective n’est pas supportable pour les familles, pour leurs proches, pour les bretons et au-delà, qu’ils soient marins ou non.
Tout n’a visiblement pas été fait dans cette affaire pour exploiter l’ensemble des hypothèses en présence, notamment celles concernant l’identification et l’activité des sous-marins des différents Etats qui participaient sur cette même zone et aux mêmes dates à des exercices militaires de l’OTAN.
Le Ministère de la Défense a fait preuve de transparence en déclassifiant les documents « confidentiel défense » sollicités dans le cadre de l’instruction. Mais il manque toujours des pièces essentielles pour reconstituer le « puzzle militaire ».
Je souhaite donc que le Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, puisse prendre des initiatives en direction de ses homologues des Etats membres de l’OTAN concernés afin qu’ils apportent les clarifications nécessaires sur les circonstances du naufrage du Bugaled Breizh.
Je pense ici à la piste des 12 SNA (sous-marins nucléaires d’attaque) américains qui mérite un attentif examen ou encore à celle d’un SNA, toujours américain, dédié à la surveillance du transport de plutonium.
Tous ceux qui, samedi prochain à Loctudy, rendront hommage aux cinq marins disparus le 15 janvier 2004, attendent que l’action de l’Etat soit déployée au service de la vérité.