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Guerre des prix: comment l’apaiser?

J’ai récemment alerté par courrier Arnaud Montebourg, le Ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique, concernant la guerre des prix fratricide que se livrent les industriels de l’agro-alimentaire et la grande distribution. Il s’agit d’une bataille tarifaire qui risquera d’asphyxier la filière et notre économie si nous ne réagissons pas.

J’ai été interpellée de manière récurrente sur le sujet en tant que rapporteur du volet LME de la loi relative à la consommation. A plusieurs reprises dans l’hémicycle, j’ai relayé les inquiétudes des entreprises et de leurs fédérations, auprès de Benoit Hamon et de Sylvia Pinel dans le cadre de leur précédente sphère ministérielle. Tous les acteurs de la filière agro-alimentaire partagent le même constat, cela ne peut plus durer. Aujourd’hui, leur demande est simple : il faut faire respecter la loi et des contrôles s’imposent.

Les négociations commerciales se déroulent chaque année dans un climat plus tendu et 2014 n’a pas échappé à la règle avec une réitération des abus les plus répandus et généralisés, nonobstant le projet de loi relatif à la consommation et les condamnations récentes des enseignes.

Moins de trois mois après la fin de celles-ci, les demandes de compensations de marges massives et totalement injustifiées continuent et bouleversent la situation économique de toute l’industrie alimentaire, quelle que soit la taille de l’entreprise.

L’industrie alimentaire est le premier secteur industriel français avec un chiffre d’affaires de 160,9 milliards d’euros. Elle constitue le premier employeur industriel avec 495 000 salariés directs sur le territoire national. Or, ce secteur subit depuis cinq ans une dégradation de ses marges qui bride ses capacités d’investissement et d’innovation, détruit de la valeur et des emplois. Il faut ramener de la raison dans les relations commerciales, faire respecter le code du commerce et redoubler de vigilance face aux comportements abusifs des enseignes de la grande distribution.

Le Contrat de filière initié récemment, la Charte Relations fournisseurs responsables, sont en sursis du fait du rapport de forces totalement déséquilibré entre les entreprises alimentaires et les sept enseignes de la distribution.