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L’Etat soutient les filières d’élevage

filière d'élevage

La filière porcine et la filière de la viande bovine connaissent depuis plusieurs mois des niveaux de prix à la production fortement dégradés, qui ne permettent plus la rémunération des éleveurs et qui grèvent les trésoreries des exploitations. Cette situation difficile s’explique en partie par des tensions sur les marchés européens et mondiaux, mais elle trouve sa source également dans des difficultés structurelles d’organisation des filières et dans la guerre des prix qui finit par faire perdre toute valeur aux viandes remises au consommateur.

Face à cette difficulté, qui aboutit à des situations de détresse profonde des éleveurs concernés, notamment dans le bassin allaitant, le Gouvernement s’est pleinement mobilisé pour que l’ensemble des acteurs accepte de venir à la table des discussions et s’engage pour un redressement collectif de ces filières. C’est l’avenir de tous les maillons des filières qui est menacé en cas de maintien de prix payés aux producteurs manifestement inférieurs aux coûts de production. C’est pourquoi il est nécessaire de trouver des solutions de nature à pérenniser leur approvisionnement français.

L’action menée ces derniers jours a été entendue par certains acteurs, distributeurs ou transformateurs. Il importe que cette dynamique soit consolidée de semaine en semaine. Le maintien des éleveurs est un enjeu majeur pour l’avenir de nos territoires ruraux, par sa contribution en termes d’activité économique, d’emplois et de qualité de l’environnement. Les promotions permanentes perturbent le marché et détruisent de la valeur, dans un moment de grande fragilité des filières viandes. C’est pourquoi un arrêté du ministre chargé de l’agriculture et du ministre chargé de l’économie a été publié pour encadrer les promotions de viandes fraiches de porc. Une réflexion sur ce même sujet a été engagée au sein de l’interprofession de la viande bovine.

Par ailleurs, le Gouvernement accompagne les éleveurs en mobilisant des moyens de prise en charge des cotisations sociales auprès de la Mutualité sociale agricole (16 millions d’euros au total) ou de fonds d’allègement des charges (7 millions d’euros au total) mais aussi en permettant des exonérations individuelles de taxe sur le foncier non bâti (TFNB). Les établissements bancaires ont également été sollicités afin de proposer à chaque exploitant la solution la plus adaptée à sa situation.

Au-delà des mesures d’urgence, des perspectives pour les filières d’élevage, notamment en engageant les réformes nécessaires pour assurer leur place dans la compétition internationale. Les organisations interprofessionnelles doivent jouer un rôle moteur pour structurer les filières et l’Etat est à leurs côtés pour les accompagner. Ainsi, le Pacte de responsabilité et de solidarité permet dès 2015 des allègements de charge de 27 millions d’euros pour l’élevage de bovins allaitants et de 19 millions d’euros pour l’élevage porcin. Des moyens importants sont mobilisés pour l’investissement : l’Etat et les régions mobilisent ainsi plus de 200 millions d’euros par an pendant 5 ans pour la modernisation des élevages au travers du Pacte de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE).

Les éleveurs bénéficieront de la mesure fiscale « suramortissement » qu’ils pourront aussi activer sur les investissements relatifs au stockage des effluents. Enfin, le Programme des investissements d’avenir consacre une large part à ces secteurs, que ce soit par l’appel à projets pour les abattoirs doté de 20 millions d’euros ou l’appel à projet pour financer des projets de filière à hauteur de 45 millions d’euros.

Le Gouvernement poursuit la simplification administrative pour les élevages avec le chantier de l’allègement des procédures relatives aux installations classées, tout en maintenant un niveau élevé d’exigence en matière environnementale. Ainsi, outre la création du régime de l’enregistrement, les délais de recours contre les projets d’investissement dans les exploitations sont réduits à 4 mois dans le projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques.

Le Gouvernement soutient les démarches engagées par les filières pour l’amélioration de la valorisation des produits. Une plate-forme sera prochainement mise en place pour que chaque entreprise ait accès aux offres commerciales à l’exportation et pour favoriser ainsi le développement de partenariats commerciaux durables avec les pays importateurs de viandes françaises. La création d’une bannière commune permettant la promotion de la viande française à l’exportation est nécessaire.

Le Gouvernement est aussi attentif à la situation de la filière laitière, dans un contexte de fin des quotas laitiers le 31 mars dernier. A la demande de la France, la Commission européenne a mis en place des dispositifs de suivi des marchés, mais il faut aujourd’hui aller plus loin.

Par ailleurs, les niveaux de prix actuels suscitent l’inquiétude des éleveurs dont les coûts de production restent élevés, avec de fortes incertitudes sur les orientations des marchés internationaux dans les mois à venir.

Dans ce contexte, il appartient à chacun des acteurs de faire en sorte que la mise en œuvre des contrats entre producteurs et transformateurs permette de donner des perspectives favorables aux éleveurs laitiers et à toute la filière. Les filières doivent se mobiliser pour faire face aux difficultés.

Ainsi, si la filière volailles export était considérée comme condamnée en 2012, elle connaît aujourd’hui un extraordinaire rebond grâce aux efforts de compétitivité accomplis par tous les acteurs de la filière et à ceux du Gouvernement pour rééquilibrer la parité de l’euro et pérenniser les débouchés vers le Proche et Moyen Orient.

De même, la filière ovine, longtemps menacée par la concurrence des grands pays tiers producteurs, se situe dans une phase de reconquête après des démarches de recherche de qualité et de modernisation.

L’opération « ferme ouverte » organisée dimanche 28 juin 2015 par le syndicat d’élevage du Pays Bigouden me permettra une nouvelle fois d’aller à la rencontre des producteurs, de saluer leur travail et de rappeler l’engagement de l’Etat à leur côtés.