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Le terrorisme ne détruira pas la République française, c’est la République qui le détruira

 

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A la suite des attentats terroristes qui ont ensanglanté Paris le soir du 13 novembre en laissant de trop nombreuses familles endeuillées et la France meurtrie par l’ampleur de la barbarie et de l’horreur, le Président de la République a pris des initiatives fortes pour apporter le niveau nécessaire de réponse. Il s’est adressé aux parlementaires réunis en Congrès marquant ainsi l’unité de la Nation et la grandeur de notre démocratie organisée en république. La liberté, l’égalité et la fraternité sont les valeurs qui collectivement nous guident. Par leur vocation universelle, ce sont bien nos meilleures armes pour combattre les fanatismes de tous ordres.

La France n’a pas peur et ne pliera pas face au terrorisme djihadiste qui menace le monde entier. La France combattra sans relâche Daesh et tous les ennemis de la liberté.

« Chaque larme, chaque goutte de sang renforcera notre détermination contre l’obscurantisme » a souligné François Hollande.

Le Président de la République et le gouvernement, avec le soutien des parlementaires, sont pleinement mobilisés pour mettre toute la puissance de l’Etat au service de la protection de nos concitoyens.

Mobilisation à l’échelle nationale tout d’abord :

– Par un renforcement du droit : porter la durée de l’état d’urgence à 3 mois et l’adapter à l’évolution des technologies et des menaces ; modifier la Constitution pour fonder la prise de mesures exceptionnelles pour une certaine durée sans recourir à l’état de siège et sans compromettre l’exercice des libertés publiques ; élargir les possibilités de déchéance de la nationalité aux individus binationaux nés français (sans créer d’apatrides) ; rendre possible l’interdiction de territoire à un binational s’il présente un risque terroriste ; expulser plus rapidement les étrangers qui représentent une menace d’une particulière gravité ; soumettre au Conseil d’Etat l’ensemble des propositions pour vérifier leur conformité à nos règles fondamentales.

– Par un renforcement des moyens des forces de sécurité et des armées. C’est un enjeu législatif : permettre aux services d’enquête et aux magistrats antiterroristes de recourir aux techniques de renseignement qu’offrent les nouvelles technologies et autorisées, dans un cadre administratif, par la loi sur le renseignement ; alourdissement des peines ; chantier de la légitime défense des forces de l’ordre ; …

C’est un enjeu financier, et le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité : 5 000 emplois supplémentaires de policiers et de gendarmes d’ici 2 ans, soit 10 000 sur le quinquennat, pour restaurer le potentiel des forces de sécurité intérieure au niveau de 2007 ;  2500 postes supplémentaires dans la justice ; 1000 créations d’emplois à l’administration des douanes ; plus aucune diminution des effectifs du ministère de la défense d’ici 2019 ; une meilleure exploitation des potentialités des réserves de défense.

Mobilisation sur le plan international :

Le Président de la République a demandé au Conseil de sécurité une résolution dans les meilleurs délais contre le terrorisme. En Syrie, il faut faire davantage : plus de frappes (intensification sans délai des opérations françaises en Syrie ; appareillage du Charles-de-Gaulle pour tripler nos capacités d’action), plus de soutien à l’opposition anti-Daech, une grande et unique coalition – le Président de la République rencontrera prochainement à cette fin les présidents Obama et Poutine.

Mobilisation sur le plan européen :

Le ministre de la Défense saisira nos partenaires européens pour en appeler à leur solidarité au nom de l’article 42.7 du traité de l’Union. Il est vital que l’Europe accueille dans la dignité ceux qui relèvent du droit d’asile. Il faut une protection effective des frontières extérieures. Un Conseil des ministres de l’Intérieur se réunira à la demande de la France : elle demandera des mesures pour lutter contre le trafic d’armes, mettre en place de contrôles coordonnés et systématiques aux frontières intérieures et extérieures de l’Union Européenne, approuver avant la fin de l’année 2015 du PNR européen (données des dossiers passagers).

En clôture de son discours au Congrès, le Président de la République a souligné une nouvelle fois sa détermination à éradiquer le terrorisme, mais aussi notre volonté commune de continuer à vivre librement, comme nous l’entendons.

« La République, nous voulons l’investir de toute la force nécessaire qu’appelle ce contexte nouveau de guerre, pour lui permettre d’éradiquer dans le respect de nos valeurs le terrorisme et sans rien perdre de ce que garantit l’Etat de droit.

Nous éradiquerons le terrorisme parce que les Français veulent continuer à vivre ensemble sans rien craindre de leurs semblables. Nous éradiquerons le terrorisme parce que nous sommes attachés à la liberté et au rayonnement de la France dans le monde. Nous éradiquerons le terrorisme pour que la circulation des personnes, le brassage des cultures demeurent possibles et que la civilisation humaine s’en trouve enrichie. Nous éradiquerons le terrorisme pour que la France continue à montrer le chemin.

Le terrorisme ne détruira pas la République car c’est la République qui le détruira ».

François Hollande, Président de la République – 16 novembre 2015