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Négociations des quotas de pêche 2016 : entre soulagement et satisfaction

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C’est à 3h ce matin que se sont conclues d’intenses négociations sur les quotas de pêche pour l’année à venir. L’accord final « tient compte des objectifs d’exploitation durable des ressources tout en préservant la viabilité économique et sociale de la filière pêche ».

Outre une augmentation des tonnages pour le merlu ou le chinchard, une stabilité sur certaines espèces (langoustine, anchois, lieu jaune, lotte, raie) et une baisse plus modérée qu’annoncée sur d’autres, dont la sole, le cabillaud et l’églefin, c’est surtout la différenciation obtenue sur la pêche au bar que je souhaite aujourd’hui particulièrement retenir tant Alain Vidalies, Secrétaire d’Etat chargé de la pêche, a réussi à infléchir les orientations voulues par la Commission Européenne.

Après avoir rencontré les représentants de l’Association des ligneurs de la Pointe de Bretagne et ceux de la plateforme de la petite pêche artisanale, inquiets des intentions de la Commission consistant en une restriction importante et uniforme de la pêche au bar, j’avais interpellé Alain Vidalies à l’Assemblée Nationale, afin qu’il se batte pied à pied contre le plan de gestion proposé par la commission européenne. Ce plan était la négation même des efforts de gestion et de sélectivité produits par les professionnels eux-mêmes.

Extraits de mon intervention en commission des affaires européennes, le 8 décembre 2015 :

« Je vous fais confiance, monsieur le Secrétaire d’État, pour négocier dans les meilleures conditions possibles les TAC et quotas, comme les années précédentes. Le moratoire et la réduction drastique de la pêche au bar suscitent des inquiétudes pour les petits métiers. J’ai eu l’occasion de rencontrer l’association des ligneurs de la Pointe de Bretagne, ainsi que la plateforme de la pêche côtière. Ainsi que cela a été exprimé dans la position du comité national des pêches, ils souhaitent que vous défendiez un moratoire de deux mois. Les ligneurs de la Pointe de Bretagne ne pêchent pas au moment de la reproduction, et ce depuis quinze ans ; deux mois, cela ne ferait donc qu’un mois supplémentaire. La pêche au bar représente plus de 80 % de leur activité, et ils ne peuvent se retourner vers d’autres pêches. La position française est minoritaire en Europe. Les Anglais, notamment, sont pour une interdiction de six mois. Est-il envisageable d’obtenir un moratoire de deux mois ? De même, peut-on envisager une dérogation pour cette catégorie qui agit de façon durable depuis des années ? »

Nous pouvons donc aujourd’hui que nous satisfaire de la fermeture de 2 mois de pêche (février et mars) pour les ligneurs et fileyeurs et non pas de 6 mois comme initialement présentée, cette durée concernant uniquement la pêche pélagique en raison de l’état préoccupant du stock.

Enfin, tandis que 63 % des espèces sont déjà au Rendement Maximal Durable (RMD : limite de capture permettant le renouvellement de l’espèce), on peut légitimement être confiant sur l’objectif de 100 % à l’horizon 2020. Notamment parce que nos pêcheurs sont pleinement impliqués dans l’exercice d’une pêche durable et responsable.