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LES AGRICULTEURS ENTENDUS : LES ANNONCES DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUIVIES D’EFFETS

7-130216 - rdv agri Cap

Face aux difficultés que subissent actuellement les agriculteurs, mes collègues parlementaires bretons et moi-même avons interpellé le Commissaire européen en charge de l’Agriculture et du Développement rural, Monsieur Phil HOGAN. Il était important d’attirer son attention sur trois grands enjeux européens : l’étiquetage de l’origine des produits transformés, la levée de l’embargo russe et les distorsions de concurrence.

Lettre ouverte Phil HOGAN VD

Le Commissaire Phil HOGAN a répondu à notre sollicitation dans une lettre ouverte dans laquelle il s’exprime ainsi : «  Je veux donner aux agriculteurs l’espoir qu’avec une action déterminée au niveau local, régional, national et européen, nous pouvons ensemble surmonter les difficultés actuelles. (…) Au niveau européen, nous allons continuer à nous battre pour trouver de nouveaux marchés pour les exportations bretonnes, françaises et européennes » avant d’ajouter que « la France est le cœur de l’Europe agricole et la Bretagne un bastion de l’excellence agricole française. En mettant l’accent sur la qualité, elle a ouvert le chemin pour créer et développer une demande mondiale pour ses produits. »

J’ai aussi décidé d’interpeller le Ministre de l’Agriculture pour lui faire part du désarroi et des attentes des éleveurs que je rencontre très régulièrement à ma permanence et sur le terrain dans le cadre de ma mission parlementaire sur l’avenir des élevages (le rapport sera rendu au mois de mars).

16.002716.0027 – Ministre Agriculture – relais attentes agriculteurs

Je lui ai rappelé que de toutes les crises agricoles que la France ait connues, celle-ci semble plus dure et inquiétante, les agriculteurs se posant la question de leur existence même, de leur utilité. Je lui ai signifié que jamais je n’avais eu à connaître pareille mobilisation de la part des agriculteurs qui peuplent nos campagnes et qui animent la vie économique locale. Je lui ai aussi indiqué que jamais je n’avais ressenti une telle désespérance, des attentes aussi fortes de la part des professionnels. Je lui ai aussi notifié que les producteurs que j’avais pu rencontrer avaient bien conscience que certains d’entre eux n’auraient pas d’autre choix que de cesser leur activité et qu’ils souhaiteraient que ces derniers soient accompagnés, qu’un plan de reconversion soit mis en place afin d’éviter de nouveaux drames humains et d’offrir de nouvelles perspectives professionnelles à un certain nombre d’entre eux.

Pour les autres, en plus d’une reconnaissance de la part des pouvoirs publics, ils réclament toujours d’obtenir des prix rémunérateurs. Pour cela, ils proposent une réorganisation de leurs filières, une meilleure valorisation de leurs produits de qualité et une harmonisation des règles au sein de l’Union européenne. Face à cette situation exceptionnelle, les producteurs veulent des réponses exceptionnelles.

Des actes graves ont été commis récemment en Bretagne (manifestations agressives, dégradations coûteuses d’équipements publics, ciblage de domiciles personnels de responsables politiques et économiques,…). Les menaces perdurent et les semaines qui viennent seront décisives avec le rendez-vous européen, les négociations avec la grande distribution et le changement d’état d’esprit que cela implique pour mettre fin à la guerre des prix entre enseignes si dévastatrice pour le premier maillon que sont les producteurs. Nous devons montrer au monde agricole que nous avons besoin de lui et que nous le soutenons, notamment au niveau européen.

Le Ministre de l’Agriculture a entendu et compris les demandes des éleveurs. Il a demandé à l’Europe de réagir lors du Conseil des Ministres de l’Agriculture le 15 février dernier à Bruxelles. Les choses ont bougé : 12 pays de l’UE partagent l’analyse de la France, et le Commissaire européen a lui-même reconnu la gravité de la crise et la nécessité de proposer de nouvelles mesures en mars. Il a salué les propositions françaises relatives au crédit export, à la promotion et à la levée de l’embargo russe, et considéré qu’il fallait trouver des solutions de maîtrise de production actuelle. En effet, la production européenne souffre de l’absence d’instruments de régulation.

Les agriculteurs ont aussi été entendus par le Premier Ministre qui a annoncé aujourd’hui une baisse sensible des cotisations sociales pour permettre à ces derniers de réduire leurs coûts et donc de regagner en compétitivité. Les plus en difficultés pourront même bénéficier d’une exonération de cotisations sociales.