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Brexit : face à ce tournant de son histoire, l’Europe doit se relancer.

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Jeudi 23 juin 2016, le peuple britannique s’est exprimé par voie référendaire. Il a décidé que le Royaume-Uni devait tourner le dos à l’Union Européenne. C’est la première fois qu’un pays la quitte depuis qu’a été posée la première pierre de la construction européenne.

C’est un choc mais c’est un choix démocratique qui doit d’abord être respecté.
Il faut en tirer les enseignements qui s’imposent en prenant des mesures fortes pour restaurer la croyance en ce grand dessein qu’est l’Europe et pour améliorer la confiance en ses institutions.
Le chemin emprunté par les britanniques illustre la défiance des peuples vis-à-vis de l’Europe. Un nouvel élan est donc impératif : l’Europe doit réaffirmer ses valeurs intrinsèques, les faire vivre et s’affirmer comme une puissance où la paix, la liberté et la prospérité sont assurées dans un cadre solidaire. C’est une condition sine qua non pour reconquérir l’adhésion des peuples à l’Europe, pour repartager ce grand destin commun et retrouver l’élan visionnaire des « pères fondateurs ».
Tout en engageant sans plus attendre la procédure de retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les 27 Etats Membres doivent urgemment se concentrer sur l’essentiel : défense et sécurité, résolution de la crise migratoire, investissement pour la croissance et l’emploi, amélioration des droits sociaux des travailleurs européens, harmonisation sociale et fiscale, transition énergétique et numérique, renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique,… Ce sont tous ces champs que l’Europe doit réinvestir avec force car c’est bien sur ces enjeux qu’elle démontrera toute son efficacité. Il nous faut rebâtir une Europe par la preuve. Sous l’impulsion du Chef de l’Etat, la France saura prendre toute initiative en ce sens.
L’Europe est au tournant de son histoire ; elle doit entendre les contestations, comme les propositions, et lever les inquiétudes latentes.
Pour nos agriculteurs, comprendra-t-elle enfin qu’elle doit permettre que la production soit mieux régulée pour faciliter la transition avec la suppression des quotas laitiers (cf : proposition n°1 de mon rapport d’information sur l’avenir des filières d’élevage) ?
Pour nos pêcheurs, particulièrement dépendants d’un accès aux eaux britanniques, entendra-t-elle que l’Europe de la pêche doit se poursuivre par un partage équilibré des zones de pêche, avec ou sans Brexit ?
Collectivement, nous avons foncièrement besoin d’une Europe qui s’affiche clairement en faveur de la croissance, de la compétitivité, de l’emploi et de la jeunesse. C’est la condition pour restaurer la confiance en notre destin européen.

« La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir » – François Mitterrand – 15 janvier 1987 – Chatham House