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Mes questions en Commission sur l’industrie du cinéma

Le 30 novembre dernier, la Commission des affaires économiques, dont je suis membre, organisait une table-ronde sur l’industrie du cinéma. Retrouvez ci-dessous mes questions, la réponse et la vidéo de mon intervention:

« L’industrie du cinéma est d’une importance essentielle pour notre pays… et nous aimons le cinéma. À titre personnel, je déplore qu’il n’y ait plus de salle indépendante à Pont-l’Abbé depuis que la dernière a brûlé il y a quelques années. La Bretagne est une terre de cinéma, et si une région, accompagnée par le CNC, soutient la production, notamment de courts métrages, c’est bien celle-là !

Le CNC envisage-t-il, pour mieux accompagner l’offre légale de vidéo à la demande, de raccourcir la chronologie des médias en assurant une plus grande exclusivité des films à des plateformes françaises pour les protéger de l’emprise grandissante de Netflix ? La vitesse à laquelle se développe cette économie fait-elle que l’accord signé en 2015 est déjà obsolète ?

Dans un autre domaine, les femmes sont mal représentées dans l’industrie du cinéma, des deux côtés de la caméra. Le rôle principal est tenu par une femme dans 23 % des films seulement ; quels mécanismes mettre au point pour en finir avec des rôles parfois stéréotypés en fonction des sexes – un reproche que l’on ne fera évidemment pas à La Fille de Brest ! Quant aux aspirantes réalisatrices, elles ont des difficultés à trouver du travail. Le CNC n’est pas en cause, car il attribue des subventions équitablement, que les devis lui soient présentés par des hommes ou par des femmes, mais l’écart serait de 2 millions d’euros entre un devis soumis par un homme et un devis présenté par une femme. On observe aussi, semble-t-il, une disparité salariale : la rémunération horaire moyenne d’une réalisatrice serait de 35 % inférieure à celle d’un réalisateur. Est-ce exact ? Si c’est le cas, comment l’industrie combat-elle ces inégalités ? »

M. Richard Patry:  » Vous avez parlé, Madame Annick Le Loch, d’une salle qui a brûlé en Bretagne, et dont le remplacement pose difficulté. Nous sommes très attachés au dynamisme des exploitants et nous faisons en sorte que de jeunes professionnels puissent accéder à la direction des salles de cinéma. Nous avons mis en place avec le CNC un système de prêt participatif, organisé par l’IFCIC, qui permet à de jeunes professionnels d’obtenir des fonds propres pour racheter des salles de cinéma. Si vous le souhaitez, je suis à votre disposition pour vous présenter des jeunes professionnels qui ont envie de passer du statut de directeur de salle à celui d’exploitant et qui, grâce à ce dispositif, pourraient reprendre cette salle. »

Mme Carole Scotta: « Vous avez parlé des femmes et je suis très heureuse que vous souligniez la minorité que nous représentons. Nous devons nous battre davantage. C’est vrai dans notre secteur, comme dans le vôtre, et dans bien d’autres. Je ne peux répondre qu’à titre individuel. Nous produisons des femmes, comme Emmanuelle Bercot, nous sommes entourés de femmes, mais c’est un travail de tous les jours. Je suis sûre qu’il y a des choses à faire aux niveaux réglementaire et législatif, et je serai très vigilante sur ce point. »

Mme Frédérique Bredin: « Je voudrais introduire à ce propos une note d’optimisme. Mme Carole Scotta représente la génération montante des réalisatrices, productrices, distributrices ou exploitantes. Une photographie par tranches d’âge donnerait des résultats très contrastés, et très encourageants. La nouvelle directrice générale de la Fémis, École nationale supérieure des métiers de l’image et du son, est une femme, Mme Nathalie Coste-Cerdan, qui a longtemps travaillé à Canal+ et qui est, elle-même, très soucieuse de ces questions. Cette école compte autant d’étudiantes que d’étudiants, ce qui donne beaucoup d’espoir pour l’avenir. »